La dernière rose

Voici la dernière rose
De l’été qui fuit ;
Ce matin elle est éclose
Des pleurs de la nuit ;
Mais, ni compagne fidèle,
Ni bouton naissant,
Pour épanouir près d’elle
Un sein rougissant!

Faut-il seule sur ta tige
Te laisser flétrir?
Des beaux jours triste vestige,
Il vaut mieux mourir.
Par pitié ma main effeuille
Ton bouton penché
Sur ce lit que feuille à feuille
Tes sœurs ont jonché.

Ah! Puisse-je ainsi vous suivre,
Vous que je chéris,
Si la mort au temps vous livre
Débris par débris!
Lorsque des cœurs, sur la terre,
Elle rompt l’accord,
Dans ce monde solitaire
Comment vivre encore?


Verset La dernière rose - Antoine Fontaney