Les saisons au village

Monts sublimes!
Si l’Hiver glace vos âmes
Qui blanchissent dans l’azur,
De vos flancs descend l’air pur,
L’eau jaillit de vos abîmes.

Alouettes!
Du Printemps les pâquerettes
Ont brillé parmi le thym ;
Gais troupeaux, c’est le matin ;
L’aube a lui; tintez, clochettes!

Providence!
L’épi mûr, c’est l’abondance
Que pour nous l’Été blondit ;
Au soleil le champ sourit ;
Le fléau bat en cadence.

Meurs, feuillée!
Fruits tombez, l’herbe est mouillée ;
Automne, ouvre tes pressoirs ;
Courts sont les jours, doux les soirs ;
L’oiseau fuit, chante, ô veillée!

Harmonie!
Les Saisons ont un génie ;
Dans les champs et dans le cœur,
Partout il veut le bonheur ;
Œuvre sainte, oh! sois bénie!


Verset Les saisons au village - Henri-Frédéric Amiel