La critique d’une femme

Vos éloges sont doux, ils pénètrent mon âme,
Mais, timide chanteur, j’aime aussi vos leçons ;
Si quelque mot vous blesse ou quelques rudes sons,
Dites, vous obéir me sera doux, Madame!

Et le soir, près du feu, reprenant mes chansons,
Je chercherai le mieux, en attisant la flamme ;
L’art se plaît à cacher dans le sens de la femme
Ses plus charmants instincts, et nous l’en bénissons.

Allons! mettez le doigt sur le vers qui s’égare ;
La critique du cœur, chose touchante et rare,
De la sainte amitié ne perd jamais l’accent,

La main qui sur les fleurs épanche la rosée
N’a-t-elle pas le droit d’arracher, en passant,
La feuille qui jaunit ou la tige brisée?


Verset La critique d’une femme - Antoine de Latour