Tandis que sur l’herbe étendu,
Au bord d’une onde enchanteresse,
Fuyant et la molle paresse
Et le travail trop assidu,
Je ris de l’humaine faiblesse,
Et j’use mes moments perdus
À médire de notre espèce,
Mais non pas des individus ;
Qui peut troubler la paix du monde?
Contemplant les plaines de l’onde,
L’Europe a réclamé ses droits.
Napoléon s’arme, il se lève,
Et dans sa main brille le glaive
Qui fait et qui défait les rois.
Dans les secrets de sa colère,
Imprudent qui veut pénétrer!
J’ignore en quels lieux de la terre
Albion va le rencontrer ;
Mais quels honneurs, mais quelle gloire ;
Seraient promis à ma mémoire,
Si je pouvais croire aujourd’hui,
Que mes rivaux dans l’art des fables
Ne me sont pas plus redoutables
Que l’univers entier pour lui!
Mai 1812.





Poèmes similaires:
- Épilogue C’est assez, suspendons ma lyre, Terminons ici mes travaux : Sur nos vices, sur nos défauts, J’aurais encor beaucoup à dire ; Mais un autre […]...
- Epilogue Oh! les heures du soir sous ces climats légers, La lumière en est belle et la lune y est douce, Et l’ombre souple et claire […]...
- Épilogue I Le soleil, moins ardent, luit clair au ciel moins dense. Balancés par un vent automnal et berceur, Les rosiers du jardin s’inclinent en cadence. […]...
- Épilogue » Ô vents, disaient les flots, quand nous laisserez-vous Dormir à notre gré d’un sommeil large et doux? Trêve à la fin, trêve d’orages! Laissez-nous […]...
- Départ La mer choque ses blocs de flots, contre les rocs Et les granits du quai, la mer démente, Tonnante et gémissante, en la tourmente De […]...
- Les calmes regrets Dans quels calmes regrets ton esprit résigné Erre-t-il, y portant une tristesse auguste ; Ou, frémissant de haine envers le sort injuste, De quels âpres […]...
- Le déjeuner champêtre Wattier n’est pas Watteau : vous confondiez peut-être. Doux ébats de Cythère à l’ombre des bosquets, Convives attablés à de joyeux banquets, Ou, sur l’herbe, […]...
- Je vous ai promis mon baiser Je vous ai promis mon baiser pour ce soir, En revanche vous m’avez promis la récompense Certes imméritée, et voici que j’y pense! Et depuis […]...
- Windsor Vieux château de Windsor, dont les pierres gothiques Éveillent d’Albion les harpes romantiques, Livre au barde étranger quelque grand souvenir, Qu’il puisse avec ses chants […]...
- À la maman d’une petite fille (Qui avait laissé prendre le feu à ses habits.) Ce feu, quels torts a-t-il donc faits À votre Laure, qui se fâche? Plein de respect […]...
- Cythère Un pavillon à claires-voies Abrite doucement nos joies Qu’éventent des rosiers amis ; L’odeur des roses, faible, grâce Au vent léger d’été qui passe, Se […]...
- À Fanchon Épigramme. Quels sorciers ont dansé sur ton chose, Fanchon, Que le poil n’y croît point? Aurait-il bien la teigne? Réponse. Un fameux cabaret n’a que […]...
- Fadaises Daignez souffrir qu’à vos genoux, Madame, Mon pauvre cœur vous explique sa flamme. Je vous adore autant et plus que Dieu, Et rien jamais n’éteindra […]...
- Ma seule amour que tant désire Ma seule amour que tant désire, Mon réconfort, mon doux penser, Belle nonpareille, sans per, Il me déplaît de vous écrire. Car j’aimasse mieux à […]...
- L’attente (II) Olivier, je t’attends! déjà l’heure est sonnée ; Je viens de tressaillir comme au bruit de tes pas : Le soleil qui s’éteint va clore […]...
- Rêverie Alors que sur les monts l’ombre s’est abaissée, Des jours qui ne sont plus s’éveille la pensée ; Le temps fuit plus rapide, il entraîne […]...
- Incident banal Comme je fus toujours un loyal serviteur, À mon maître j’ai dit : » L’homme à piteuse mine Qui laboure pour toi le flanc de […]...
- Les yeux Partout je les évoque et partout je les vois, Ces yeux ensorceleurs si mortellement tristes. Oh! comme ils défiaient tout l’art des coloristes, Eux qui […]...
- À la Seine Rive enchantée, Berceau de mes amours ; Onde argentée, Image des beaux jours ; Que ton cours est limpide! Que ta fuite est rapide! Ah! […]...
- À M. De C***., Polonais Dans votre poétique et doux pèlerinage, Au tombeau glorieux du chantre des Romains, Objet sacré de plus d’un grand voyage Des enfants d’Albion, des Français, […]...
- La violette Douce violette, Vierge humble et discrète, Fille de nos bois, Dis-moi dans quels songes Ainsi tu te plonges Sans joie et sans voix? – Sans […]...
- Madrigal d’hiver Il neige à nos vitres glacées ; Mais viens! Durant les mauvais mois, Les âmes des fleurs trépassées Habitent encore dans les bois. L’air s’imprègne […]...
- Les deux dindons Fable XVII, Livre III. Deux dindons s’engraissaient dans une métairie ; Égaux en droits : l’un d’eux croyait pourtant valoir Bien plus que son confrère. […]...
- Les deux mulets Deux Mulets cheminaient, l’un d’avoine chargé, L’autre portant l’argent de la Gabelle. Celui-ci, glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. […]...
- Horreur sympathique Sonnet. De ce ciel bizarre et livide, Tourmenté comme ton destin, Quels pensers dans ton âme vide Descendent? Réponds, libertin. – Insatiablement avide De l’obscur […]...
- Le secret de Polichinelle Fable VII, Livre I. Qui découvre une vérité, A dit un grave personnage, La gardera pour soi, s’il est quelque peu sage Et chérit sa […]...
- Un jour nous étions en bateau Un jour nous étions en bateau : Elle voulut manger des mûres. – Le bord, c’est presque le coteau, Avec les bois pleins de murmures. […]...
- Le presbytère d’Hénouville Sonnet. Vois à loisir ce lieu champêtre ; Les jours y coulent sans ennuis : Tâche, si tu peux, de connaître Tant d’herbes, de fleurs, […]...
- Dans le parc de Thalcy Sonnet XXXI. Dans le parc de Thalcy, j’ai dressé deux plançons Sur qui le temps faucheur ni l’ennuyeuse estorse Des filles de la nuit jamais […]...
- Espère Ainsi, j’avais en vain suivi d’un œil avide, Mille rêves d’amour, de gloire et d’amitié : Toujours ils avaient fui ; mon âme restait vide […]...