Le papillon et la jeune fille

La jeune fille :

Beau papillon qui viens à ma fenêtre
Te réjouir sur le sein de mes fleurs,
Petit coquet, tu les trahis peut-être,
Car à chaque aube on les voit tout en pleurs ;
Si je savais que tu fusses volage
Après avoir ravi leur doux trésor,
Beau papillon, pour punir cet outrage,
Je couperais tes belles ailes d’or.

Le papillon :

Nous que l’on dit coupables d’amours folles,
Enfants des airs, si partout nous volons,
C’est que les fleurs entr’ouvrent leurs corolles
Comme une amorce à tous les papillons.
Ah! Croyez-moi, mes jeunes demoiselles,
Quand vous aurez fait choix d’un doux vainqueur
Point n’est besoin de lui couper les ailes,
Mais vous plutôt gardez bien votre cœur.


Verset Le papillon et la jeune fille - François-Marie Robert-Dutertre