La mort d’un ami

Il n’est plus, il n’est plus!
Ô Dieu, tu le voulus :
Courbons-nous vers la terre.
Il n’est plus, et nos yeux
Ne reverront qu’aux cieux
Notre ami, notre frère.

Talents, grâce, gaîté,
Tendresse et vérité!
Courbons-nous vers la terre!
Hélas! Tout est perdu,
Et, le cœur confondu,
Nous cherchons notre frère.

Tant de fleurs, ô grand Dieu,
Tant, pour durer si peu!
Courbons-nous vers la terre.
Mais au ciel qui t’a pris
Déjà tu refleuris,
Là toujours notre frère.

Nos chants ne sont que deuil,
Que soupirs du cercueil ;
Courbons-nous vers la terre.
Mais toi tu vas au ciel,
Sur un luth immortel
Chanter, ô notre frère!

Tu revis en aimant :
Pour toi plus de tourment!
Courbons-nous vers la terre.
Adieu! Console-nous,
Jusques au rendez-vous,
Adieu, frère! Adieu, frère!


Verset La mort d’un ami - Henri Durand