L’oraison



Je reviens à vos pieds, Marie,
Me sauver du malheur d’aimer :
L’oraison qui m’avait guérie
Ne vaut plus rien pour me calmer.

J’avais oublié de la dire
Le soir qu’Olivier me parla :
Triste, il parle comme on soupire,
Et cette plainte me troubla.

J’en grondai mon âme étonnée :
Vierge des pleurs, vous savez bien
Que je fus trop infortunée
Pour renouer un doux lien!

Et quand cette voix douloureuse
Murmure et se plaint de son sort,
Il faut que je sois bien peureuse
Pour n’oser dire : Parle encor!

Je viens donc essayer d’apprendre
Un secret, vous en avez tant!
Pour qu’il ne puisse me surprendre,
Et qu’il devienne heureux pourtant!

Mais si je dois être guérie,
Sans qu’il y trouve le bonheur,
Il n’est pas d’oraison, Marie,
Que je puisse apprendre par cœur!

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Verset L’oraison - Marceline Desbordes-Valmore