Vers sans rimes

Le bruit de ton aiguille et celui de ma plume
Sont le silence d’or dont on parla d’argent.
Ah! cessons de nous plaindre, insensés que nous fûmes
Et travaillons tranquillement au nez des gens!

Quant à souffrir, quant à mourir, c’est nos affaires
Ou plutôt celles des tocs tocs et des tic tacs
De la pendule en garni dont la voix sévère
Voudrait persévérer à nous donner le trac

De mourir le premier ou le dernier. Qu’importe,
Si l’on doit, ô mon Dieu, se revoir à jamais?
Qu’importe la pendule et notre vie, ô Mort,
Ce n’est plus nous que l’ennui de tant vivre effraye!

Verset Vers sans rimes - Paul Verlaine