À monseigneur le duc d’Orléans

1621.

Muses, quand finira cette longue remise
De contenter Gaston et a écrire de lui?
Le soin que vous avez de la gloire d’autrui
Peut-il mieux s’employer qu’à si belle entreprise?

En ce malheureux siècle, où chacun vous méprise,
Et quiconque vous sert n’en a que de l’ennui,
Misérable neuvaine, où sera votre appui,
S’il ne vous tend les mains et ne vous favorise?

Je crois bien que la peur d’oser plus qu’il ne faut,
Et les difficultés d’un ouvrage si haut,
Vous ôtent le désir que sa vertu vous donne :

Mais tant de beaux objets tous les jours s’augmentant,
Puisqu’en âge si bas leur nombre vous étonne,
Comme y fournirez-vous quand il aura vingt ans?


Verset À monseigneur le duc d’Orléans - François de Malherbe